La brutale pandémie de Covid-19 a fortement ébranlé des pans entiers de notre univers sociétal et en particulier, pour ce qui nous concerne ici, notre passion pour la randonnée et la découverte des milieux naturels ou historiques...

Les deux longs mois de confinement forcé (et d'isolement pour certains d'entre nous) nous ont tous amenés à examiner notre façon d'être et de vivre et plus particulièrement notre attitude vis à vis de la Nature dont nous sommes seulement une des multiples composantes.

Dans ce contexte, notre ami Jean-Robert Fournier (un des principaux fondateurs de notre association) nous propose un très joli texte qui est reproduit ci-dessous (à lire, faire lire et aussi relire de temps à autre car nous avons la mémoire courte...


Lettre à un ami

Ami randonneur, amie randonneuse, je sais ton impatience et ta hâte d’y retourner ! Tu n’en peux plus de ce long confinement ! Bien sûr, mais…

Pense au grand calme là haut, sans notre bande bruyante et remuante. Sans nos bâtons qui ferraillent, nos téléphones, nos pipis et nos déchets. Pense à la liberté retrouvée des animaux et au vent dans les grands arbres. Pense aux ronces, heureuses d’envahir le chemin.

Personne ne pleure ni ne nous réclame. ils n’ont pas besoin de nous. Et si nous disparaissions ils s’en réjouiraient peut être et tout continuerait sans nous, encore très longtemps. Jamais nous n’aurons eu semblable occasion de mesurer quelle est notre place exacte dans l’univers. Nous faisons partie du tout mais nous n’avons pas la première place. Ni aucun droit particulier. Et le rappel à l’ordre du virus est rude.

Alors, quand nous y retournerons, soyons humbles. Cessons de faire les importants avec nos GPS, nos bavardages et nos façons stupides de résumer une balade à une dénivelée ou à un kilométrage. Arrêtons de voler des photos, de « vaincre » des sommets. Restons au moins sur le sentier. C’est notre part.

Si nous le voulons, ce ne sera pas comme avant. Profitons de ce qui nous arrive et changeons .

Si nous y retournons, allons y sur la pointe des pieds. En montagne nous ne sommes que des invités.

Et bien sûr que si ; Il y a encore des oiseaux. Mais pour les entendre il faut savoir faire silence en soi.

Quand nous y retournerons, goûtons le simple bonheur de sentir notre lien au vivant. La vie qui anime les bois, les fleurs, les abeilles , le loup et le renard est la même vie qui coule en chacun de nous.

Arrêtons nous. Prenons le temps. Souvenons nous ce que le confinement nous a appris .

Et retrouvons là haut notre vraie nature.